mardi 5 juin 2007

Philosophie d´Albert Camus

Une question, l´absurde
« L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence
déraisonnable du monde. ». Dans cette phrase est concentrée la puissance d’un conflit, d’une confrontation qui supporte et emporte l’œuvre de Camus. Deux forces qui s’opposent : l’appel humain à connaître sa raison d’être et l’absence de réponse du milieu où il se trouve. L’homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu’à sa raison d’être.
L’appel humain, c’est la quête d’une cohérence, or pour Camus il n’y a pas de réponse à cette demande de sens. Tout au moins n’y a-t-il pas de réponse satisfaisante, car la seule qui pourrait satisfaire l’écrivain devrait avoir une dimension humaine : « Je ne puis comprendre qu’en termes humains » . Ainsi les
religions qui définissent nos origines, qui créent du sens, qui posent un cadre, n’offrent pas de réponse pour l’homme absurde : « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. Que signifie pour moi signification hors de ma condition? ». L'homme absurde n'accepte pas de perspectives divines. Il veut des réponses humaines.
L’absurde n’est pas un savoir, c’est un état acquis par la confrontation consciente de deux forces. Maintenir cet état demande une lucidité et nécessite un travail, l’absurde c’est la
conscience toujours maintenue d’une « fracture entre le monde et mon esprit » écrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe. Ainsi l’homme absurde doit s’obstiner à ne pas écouter les prophètes, à ne pas avoir assez d’imagination pour se représenter l’enfer, à ne faire intervenir que ce qui est certain, et si rien ne l’est, « ceci du moins est une certitude. ».
L’homme absurde ne pourrait s’échapper de son état qu’en niant l’une des forces contradictoires qui le fait naître : trouver un sens à ce qui est ou faire taire l’appel humain. Or aucune de ces solutions n’est réalisable.
Une manière de donner du sens serait d’accepter les religions et les dieux. Or ces derniers n’ont pas d’emprise sur l’homme absurde. L’homme absurde se sent innocent, il ne veut faire que ce qu’il comprend et « pour un esprit absurde, la
raison est vaine et il n’y a rien au-delà de la raison ».
Une autre manière de trouver du sens serait d’en injecter : faire des projets, établir des buts, et par là même croire que la vie puisse se diriger. Mais à nouveau « tout cela se trouve démenti d’une façon vertigineuse par l’absurdité d’une mort possible ». En effet, pour l’homme absurde il n’y a pas de futur, seul compte l’ici et le maintenant.
La première des deux forces contradictoires, à savoir le silence déraisonnable du monde ne peut donc être niée. Quant à l’autre force contradictoire permettant cette confrontation dont naît l’absurde, qui est l’appel humain, la seule manière de la faire taire serait le suicide. Mais ce dernier est exclu car à sa manière « le
suicide résout l’absurde». Or l’absurde ne doit pas se résoudre. L’absurde est générateur d’une énergie. Et ce refus du suicide, c’est l’exaltation de la vie, la passion de l’homme absurde. Ce dernier n’abdique pas, il se révolte !

Une réponse, la revólte
Oui, il faut maintenir l’absurde, ne pas tenter de le résoudre, car l’absurde génère une puissance qui se réalise dans la révolte. La révolte, voici la manière de vivre l’absurde. La révolte c’est connaître notre destin fatal et néanmoins l’affronter, c’est l’intelligence aux prises avec le silence déraisonnable du monde, c’est le condamné à mort qui refuse le suicide. C’est pourquoi Camus écrit : « L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est ainsi la révolte ».
La révolte c’est aussi s’offrir un énorme champ de possibilités d’actions. Car si l’homme absurde se prive d’une vie éternelle, il se libère des contraintes imposées par un improbable futur et y gagne en liberté d’action. Plus le futur se restreint et plus les possibilités d’actions « hic et nunc » sont grandes. Et ainsi l’homme absurde jouit d’une liberté profonde. L’homme absurde habite un monde dans lequel il doit accepter que « tout l’être s’emploie à ne rien achever
», mais un monde dont il est le maître. Et à Camus, qui fait de Sisyphe le héros absurde, d'écrire : « Il faut imaginer Sisyphe heureux. »
Bien que Camus réfute les religions dans lesquelles « on n’y trouve aucune problématique réelle, toutes les réponses étant données en une fois
», bien que Camus n’accorde aucune importance au futur : « il n’y a pas de lendemain », sa révolte n’en est pas pour autant amorale. « La solidarité des hommes se fonde sur le mouvement de révolte et celui-ci, à son tour, ne trouve de justification que dans cette complicité ». Tout n’est pas permis dans la révolte, la pensée de Camus est humaniste, les hommes se révoltent contre la mort, contre l’injustice et tentent de « se retrouver dans la seule valeur qui puisse les sauver du nihilisme, la longue complicité des hommes aux prises avec leur destin[3] ». En effet, Camus pose à la révolte de l’homme une condition : sa propre limite. La révolte de Camus n’est pas contre tous et contre tout. Et Camus d’écrire : « La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ? À cette question, que la pensée historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens ».

www.wikipedia.com

Biographie d´Albert Camus

Lucien Camus, père d'Albert, travaille dans un domaine viticole, près de Mondovi, pour un négociant de vin d'Alger. C'est dans ce département de Constantine que l'écrivain voit le jour. Lucien Camus est mobilisé en septembre 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il meurt à l'hôpital militaire de Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. De son père, Albert ne connaîtra qu'une photographie et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale. La famille s'installe à Alger. Sa mère est sourde. Albert y fait ses études, encouragé par ses professeurs dont Jean Grenier - qui lui fera découvrir Nietzsche- et, auparavant l'instituteur Louis Germain qui fera en sorte qu'il puisse aller au Lycée. Il gardera une grande reconnaissance à celui-ci et lui dédiera son discours de Prix Nobel. Il déclame dans celui-ci un mot qui restera célèbre : "Ma patrie, c'est la langue française." Il commence à écrire très jeune et ses premiers textes paraissent dans la revue Sud en 1932. Après le baccalauréat il obtient un diplôme d'études supérieures en Lettres, section philosophie. Mais la tuberculose l'empêche de passer l'agrégation.
En
1935, il commence l'écriture de L'Envers et l'endroit, qui sera publié deux ans plus tard. À Alger, il fonde le Théâtre du Travail, qu'il remplace en 1937 par le Théâtre de l'Équipe. Dans le même temps il quitte le parti communiste, auquel il avait adhéré deux ans plus tôt. Il entre au journal Alger Républicain, organe du Front populaire, créé par Pascal Pia. Son enquête Misère de la Kabylie aura une action retentissante. En 1940, le Gouvernement Général de l'Algérie interdit le journal et influe pour qu'Albert Camus ne trouve plus de travail. Il s'installe à Paris et travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir. C'est durant cette période qu'il fait paraître le roman L'Étranger (1942) et l'essai Le Mythe de Sisyphe (1942) dans lesquels il expose sa philosophie. Selon sa propre classification, ces œuvres appartiennent au « cycle de l'absurde » – cycle qu'il complètera par les pièces de théâtre Le Malentendu et Caligula (1944). En 1943, il est lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat lorsque P. Pia est appelé à d'autres fonctions dans la Résistance. Le 8 août 1945, il est le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique deux jours après l'attaque sur Hiroshima dans un éditorial resté célèbre, dans Combat[1]. Son œuvre littéraire se poursuit avec la production du « cycle de la révolte », qui comprend un de ses romans les plus connus, La Peste (1947), mais également d'autres ouvrages moins célèbres : L'État de siège (1948), Les Justes (1949) et L'Homme révolté (1951).
La rupture avec
Jean-Paul Sartre a lieu en 1952, après la publication dans Les Temps modernes de l'article de Jeanson qui reproche à la révolte de Camus d'être « délibérément statique ». En 1956, à Alger, il lance son « Appel pour la trêve civile », alors que dehors, on hurle des menaces de mort. Il faut noter qu'il a été méconnu de son vivant par les Pieds-Noirs en Algérie et, après l'indépendance, par les algériens qui lui ont reproché de ne pas avoir milité pour cette indépendance. Interrogé par un Algérien à Stockholm, il dira : « Je crois à la justice, mais pas avec les bombes. Entre ma mère et la justice, je préfère ma mère », ce qui lui sera souvent reproché. Toujours en 1956, il publie La Chute, livre pessimiste dans lequel il s'en prend à l'existentialisme sans pour autant s'épargner lui-même.
Le
4 janvier 1960, au Petit-Villeblevin, dans l'Yonne, Albert Camus trouve la mort dans un accident de circulation à bord d'une Facel Vega FV3 conduite par son ami Michel Gallimard, le neveu de Gaston. La voiture quitte la route et percute un arbre qui la borde. Les journaux de l'époque évoquent une vitesse excessive (130 km/h), un malaise du conducteur ou l'éclatement d'un pneu, mais René Étiemble affirme : « J'ai longtemps enquêté et j'avais les preuves que cette Facel-Vega était un cercueil. J'ai cherché en vain un journal qui veuille publier mon article… »
Albert Camus est enterré à
Lourmarin, dans le Vaucluse - où il avait acheté une maison dans la région que lui avait fait découvrir son ami le poète René Char. En marge des courants philosophiques, Camus a poursuivi une réflexion sur la condition humaine. Refusant de formuler un acte de foi en Dieu, en l'histoire ou en la raison, il s'est opposé simultanément au christianisme, au marxisme et à l'existentialisme. Il n'a cessé de lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain. En ce sens, il incarne une des plus hautes consciences morales du XXe siècle - l'humanisme de ses écrits ayant été forgé dans l'expérience des pires moments de l'espèce humaine.

www.wikipedia.com

L´eugenisme

L'eugénisme désigne la volonté d'améliorer l'espèce humaine. Ce souhait, qui existe depuis l'antiquité peut se traduire par une politique volontariste d'éradication des caractères jugés handicapants ou de favorisation des caractères jugés « bénéfiques ».
On peut distinguer l'eugénisme, pratique humaine, sociale et collective, de la préoccupation individuelle généralisée (chez l'homme et chez les animaux) d'assurer à ses enfants le « meilleur »
co-reproducteur (quoique « meilleur » puisse signifier : taille des cornes, couleurs des plumes, ou étendue du patrimoine ou de la culture, etc.), ainsi que de la pratique qui consiste à favoriser le plus prometteur de ses enfants. Ces stratégies ne se préoccupent pas du devenir de l'espèce humaine, mais seulement de l'avenir de ses propres enfants ou de sa famille. Néanmoins, les méthodes et les buts, une fois sommés sur l'ensemble des individus, sont bien les mêmes.
L'eugénisme plus strict qui serait régi par une société pose de sérieuses questions
éthiques car il implique une sélection portant nécessairement une part de subjectivité et une part de contrainte (ne serait-ce qu'envers les individus écartés, ou à l'égard des individus incités à se reproduire, voire à se reproduire avec telle personne et nulle autre).
En outre, l'histoire du
XXe siècle a fourni des exemples de graves dérives morales associées aux politiques eugéniques.

www.wikipedia.com

mardi 29 mai 2007

L´embryon

De la fécondation à la mort, la vie d’un être humain est une évolution continue passant par différents stades : stade embryonnaire, fœtus, nouveau-né, enfant, etc. Le passage d’un stade à l’autre se fait sans aucune discontinuité pour la personne.
L’embryon est donc un être humain qui se développe du moment de la fécondation au stade suivant que l’on appelle fœtal. Il n’existe pas de stade pré-embryonnaire car à l’étape qui précède, l’être humain n’existe pas, seules existent deux gamètes (ovule, spermatozoïdes). La fusion de ces gamètes au moment de la fécondation marque le début du développement d’un nouvel être humain. Dès la rencontre de ces deux gamètes, tout le patrimoine génétique est présent dans l'œuf ainsi obtenu.
Les cellules embryonnaires, celles qui composent le jeune embryon, sont appelées "souches" car elles ont la possibilité de fabriquer toutes les autres cellules du corps humain pour produire muscle, peau, ongle, etc. La préparation des cellules souches embryonnaires (ES, Embryo Stem cells) implique la production d’embryon humain et/ou l’utilisation des embryons surnuméraires issus de la fécondation in vitro, puis le prélèvement de cellules du bouton embryonnaire au stade blastocyste, nécessitant la destruction de l’embryon. Ces cellules souches embryonnaires sont ensuite mises en culture pour la production d’un très grand nombre de cellules identiques.

Le statut de l´embryon

Il y a des millions d´embryons congelés répandus par tout le monde en attendant être utilisées par un couple avec des problèmes d´infertilité. Pour ces couples désireux d´avoir un enfant l´unique solution est la fécondation in vitro. Pourtant, tous les embryons ne sont pas nécessaires et ceux qui sont de trop ou sont détruits ou sont gardés par des temps indeterminés. Durant tout ce procès les embryons sont traités comme un produit biologiqueet, seulement au moment de la destruction, il devient claire qu´il s´agit d´une vie humaine, ou presque. C´est une question qu´on discute : ces 8 cellules microscopiques doivent être ou non considérées un être humain, avec tous les droits inhérents à cette condition.
Le but de soulever ce type de questions c´est faire penser aux valeurs que nous voulons voir implantées dans notre société présente et future en ce qui concernele développement de la science dans notre vie ou notre propre création,quels limites nous devons établir et qu´en-ce que nous pouvons ou non manipuler.

mardi 8 mai 2007

Legislation sur la recherche sur l´embryon dans le reste du monde

Les recherches sur les cellules embryonnaires et les embryons humains sont-elles autorisées dans l´Europe ?

Il n'existe pas de législation au niveau de l'Union européenne sur les recherches sur les cellules embryonnaires humaines. Les législations diffèrent selon les Etats membres. Schématiquement, la situation était la suivante en février 2006 :
Autriche, Lituanie, Pologne - interdiction de la recherche sur les cellules embryonnaires humaines.
Allemagne, Italie - interdiction de produire des cellules embryonnaires humaines ; autorisation sous certaines conditions des recherches sur des cellules embryonnaires provenant d'autres pays.
Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Pays-Bas, Slovénie - autorisation sous certaines conditions des recherches sur des cellules embryonnaires produites à partir des embryons surnuméraires résultant d'une fécondation in vitro ; interdiction de créer des embryons humains spécifiquement destinés à la production de cellules embryonnaires.
Belgique, Royaume-Uni, Suède - autorisation de produire des cellules embryonnaires à partir des embryons surnuméraires résultant d'une fécondation in vitro ; autorisation de créer des embryons humains spécifiquement destinés à la production de cellules
embryonnaires notamment par clonage par transfert de noyau (le clonage thérapeutique).
Chypre, Estonie, Irlande, Lettonie, Luxembourg, Malte, Portugal, République tchèque, Slovaquie - débats en cours.

Les recherches sur les cellules embryonnaires et les embryons humains sont-elles autorisées hors d'Europe ?

La recherche sur les cellules embryonnaires humaines est autorisée, selon des modalités variables, dans la plupart des pays scientifiquement développés. Schématiquement, la situation dans le monde était la suivante en mai 2006.Aux Etats-Unis, les financements fédéraux ne peuvent être attribués qu'aux recherches portant sur une vingtaine de lignées de cellules embryonnaires humaines dont la liste a été établie le 9 août 2001. En dehors de cette restriction, il n'existe pas de loi fédérale sur les recherches sur les embryons et les cellules embryonnaires humains. L'encadrement législatif varie d'un Etat à l'autre. En Californie, la loi autorise la création d'embryons humains spécifiquement destinés à produire des cellules embryonnaires et le clonage par transfert de noyau (le clonage thérapeutique). En 2004, l'Etat de Californie a programmé un financement de 300 millions de dollars par an pendant 10 ans pour les recherches sur les cellules embryonnaires humaines, ce qui est sans commune mesure avec le financement fédéral correspondant pour l'ensemble des Etats-Unis (25 millions de dollars en 2003).
Les autres pays pouvaient être classés en deux grandes catégories :
Australie, Brésil, Canada, Russie, Taiwan : la loi n'autorise que la recherche sur des cellules embryonnaires issues des embryons surnuméraires résultant d'une fécondation in vitro.
Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud, Inde, Iran, Israël, Japon, Singapour : la loi autorise non seulement la recherche sur des cellules embryonnaires issues des embryons surnuméraires résultant d'une fécondation in vitro, mais aussi la création d'embryons humains spécifiquement destinés à produire des cellules embryonnaires et le clonage par transfert de noyau, appelé aussi clonage thérapeutique

Clonage thérapeutique et clonage reproductif

Clonage thérapeutique et clonage reproductif reposent sur la même technique : le clonage par transfert de noyau. La différence porte uniquement sur l'usage qui est fait de l'embryon ainsi créé. Dans le cas du clonage thérapeutique, le fait de prélever des cellules souches détruit l'embryon. Dans le cas du clonage reproductif, l'embryon est transféré dans l'utérus d'une mère exactement comme pour une fécondation in vitro.La dissociation des recherches sur le clonage thérapeutique et le clonage reproductif n'est pas du domaine de la science (absence de distinction au plan technique). L'interdiction du clonage reproductif est du registre de la morale ou de la loi. En mai 2006, le clonage reproductif était interdit dans tous les pays dotés d'une législation sur la recherche sur l'embryon humain.

Legislation sur la recherche sur l´embryon

I - L'interdiction de la recherche sur l'embryon dans la loi du 29 juillet 2004

La loi du 29 juillet 1994 interdit la recherche sur l'embryon
L'esprit de la loi du 29 juillet 1994 est révélé par son article 2 "Le respect de tout être humain dès le commencement de sa vie". De ce fait, la recherche sur l'embryon humain est interdite et a fortiori la conception d'embryons humains aux fins de recherche. Seule est possible l'étude sur l'embryon si trois conditions sont remplies : l'embryon ne doit pas subir d'atteintes, la finalité doit être médicale et l'accord des géniteurs est nécessaire. 2. Le décret d'application du 27 mai 1997 prévoit les conditions légales encadrant l'étude sur l'embryon. Celle-ci doit comporter un avantage direct pour l'embryon en vue de l'augmentation de la réussite de l'implantation ou constituer une amélioration des techniques de l'AMP. Deux restrictions sont prévues : les études ne doivent ni modifier le patrimoine génétique de l'embryon ni porter atteinte à son développement. Le diagnostic pré-implantatoire qui nécessite un prélèvement de cellules constitue une exception.Les études nécessitent au préalable une autorisation du ministre de la santé.

Les perspectives scientifiques

Une équipe américaine dans le Wisconsin (Science novembre 1998) a pu isoler et cultiver des cellules embryonnaires humaines. Il s'agit de cellules souches ou cellules ES (Embryonic Stem cells). L'étude de ces cellules permettrait d'améliorer la réussite des fécondations in vitro, de mieux connaître le mécanisme des cancers et, par différenciation cellulaire, de créer des tissus, organes, cellules qui pourraient être utilisés comme greffes pour traiter de nombreuses maladies. Pour certains auteurs (B.Mathieu), il s'agit du sacrifice de l'embryon dans l'intérêt de la collectivité, que de nouvelles perspectives scientifiques rendraient d'ailleurs inutiles selon le rapport du Conseil d'Etat. En effet, début 1999, la revue Science a révélé que "des cellules souches adultes peuvent se différencier vers d'autres types cellulaires complètement différents". La découverte a été confirmée par les résultats récents d'une étude italo-américaine effectuée par le Stem Cell Research Institute de Milan et révélant la possibilité de transformer des cellules cérébrales adultes en cellules musculaires. Bien que cette nouvelle technologie semble résoudre le problème éthique posé par l'usage des cellules souches embryonnaires, il devenait difficile de freiner la surenchère dans le domaine de la recherche sur l'embryon.

II - Une ouverture de la recherche sur l'embryon dans la loi du 6 août 2004

L'embryon objet de recherche

Le Comité Consultatif National d'Ethique dans un avis de juin 1998, le Conseil d'Etat dans un rapport de février 1999, l'Académie Nationale de Médecine ont préconisé l'autorisation de ces recherches dans certaines conditions : les géniteurs devront donner leur consentement et les embryons surnuméraires utilisés ne pourront plus être transférés. Ils ont toutefois exprimé leur souhait de voir maintenues les interdictions du clonage reproductif et de la constitution d'embryons aux fins de recherche. Tout en réaffirmant l'interdiction de la recherche sur l'embryon, la loi nouvelle autorise, pendant cinq ans, certaines recherches permettant des progrès thérapeutiques majeurs. Ces recherches pourront intervenir sur les embryons dépourvus de projet parental avec le consentement du couple. Des recherches pourront également être pratiquées sur les embryons non congélés, lors d'une fécondation in vitro et sur les embryons non transférés après diagnostic pré-implantatoire. Les protocoles devront être autorisés par l'Agence de la biomédecine. Ces dispositions nécessitant la parution d'un décret en Conseil d'Etat, le législateur accorde aux ministres de la santé et de la recherche le pouvoir d'autoriser l'importation de cellules souches embryonnaires, à titre transitoire, après avis d'un comité ad hoc. Ces dispositions sont destinées à permettre aux chercheurs français de répondre aux appels à projets lancés par la Commission européenne.

Le clonage humain

La loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique a mis en oeuvre un dispositif pénal impressionnant à l'encontre du clonage humain reproductif considéré comme un crime contre l'espèce humaine, puni de trente ans de réclusion criminelle, ou selon les circonstances, de réclusion à perpétuité. Quant au clonage thérapeutique autorisé en Grande-Bretagne et en Belgique, il a donné lieu à des débats au Parlement. Dans la loi actuelle, le clonage thérapeutique est un délit puni de 7 ans d'emprisonnement et de 100.000 euros d'amende.